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Discours de M. Alain Godonou, directeur de l'EPA, à S.E. M. Köhler


M. le Président de la République fédérale d'Allemagne,

Banderole de bienvenue

 

 

Banderole

 

 

Public

 

 

Exposition


Mme Köhler,
Mme le Ministre d'Etat,
M. le Ministre de la culture, de l'artisanat et du tourisme,
Mme et MM. les Ministres,
M. l'Ambassadeur,
Mmes et MM. les artistes et gens de culture,
Mmes et MM.,
Chers invités,

C'est un grand honneur pour la jeune institution qu'est l'Ecole du Patrimoine Africain d'accueillir ce jour 10 décembre 2004 le Président de l'une des toutes premières puissances économiques mondiales.

M. le Président de la République vous avez dit, au moment de prendre votre charge, lors de votre discours d'investiture le premier juillet de cette année même, " C'est le destin de l'Afrique qui décidera de la dimension humaine du développement ".

Ce jour là, vous avez aussi demandé à l'Europe de soutenir " de façon exemplaire les objectifs de développement des Nations Unies, par des actes, c'est à dire concrètement, en augmentant le volume de son aide publique au développement " ; ce sont vos propres mots.

Vous n'étiez pas tenu de faire cette part belle à l'Afrique et personne ne vous aurait reproché une quelconque omission si vous ne l'aviez pas fait.

Beaucoup diront que c'est votre ancienne et récente mission à la tête du Fonds Monétaire International qui vous a fait découvrir l'Afrique et la détresse incommensurable des femmes et des enfants de ce continent dont vous avez parlé le cœur serré.

C'est peut être vrai, c'est certainement vrai. Mais ce n'est pas tout.

Pour avoir lu entre les lignes de votre biographie, nous savons que ce n'est pas un ancien haut fonctionnaire, fut-il engagé et généreux qui parle, mais un homme qui pour avoir vécu ce que vivent la majorité des Africains sait ce que vivre suppose comme défis pour un Africain.

M. le Président de la République,
Beaucoup d'Africains n'auraient pas de peine à vous considérer comme un grand frère qui a donné le bon exemple, un membre de la famille, qui a réussi à la force de ses poignets.
Vous êtes issu d'une famille nombreuse dont vous n'êtes ni l'aîné ni le benjamin, mais seulement le septième. Ici on sait ce que cela signifie : vous n'avez eu droit à aucun privilège.

Vous avez connu la précarité extrême des camps de réfugiés, l'extraordinaire bravoure de votre mère, qui est presque une image de la femme africaine.

A peine sorti de l'adolescence, vous avez dû travailler pour vivre et payer vos études, tout en aidant autour de vous. Cette partie de votre vie est commune à la plupart des jeunes africains aujourd'hui.

Soyez le bienvenu parmi vos frères et sœurs d'Afrique, M. le Président !

Ici, nous sommes fiers de vous montrer cette belle réalisation qu'est l'EPA. EPA signifie non seulement Ecole du Patrimoine Africain, mais aussi Excellence Professionnelle en Afrique.

Nous sommes une jeune institution africaine de la nouvelle génération, d'à peine 6 ans d'existence.

Tirant leçon des difficultés et des faiblesses de nos pays, nous avons créé en comptant d'abord sur nous-mêmes professionnels et gens de culture un outil performant de développement. Les gens qui travaillent ici ont choisi d'être au service de l'Afrique dans ce qu'elle a de plus précieux : son patrimoine et sa culture, c'est à dire son identité.

De cette petite maison M. le Président de la République, vous vous adressez aux artistes et aux professionnels de la culture de 26 pays africains, ceux que nous servons prioritairement, et au-delà, à toute l'Afrique.

Nous avons quatre missions.
La première c'est évidemment la Formation professionnelle : ce n'est pas à vous M. le Président de la République qu'il faut expliquer l'importance de l'investissement dans les hommes (et les femmes).
La seconde mission qui est apparue presque aussi importante c'est l'éducation artistique et culturelle, prioritairement des enfants africains, en perte de repères et d'identité. Nous en parlerons peut être tout à l'heure dans les échanges que vous aurez avec les artistes et les gens de culture que vous avez souhaité rencontrer.

Nous sommes aussi engagés dans des projets concrets de développement durable et nous recherchons toutes les occasions d'inscrire la réflexion culturelle au cœur des grands projets de nos pays. La semaine dernière, dans cette maison nous avons commencé un cycle d'ateliers avec les architectes et les urbanistes africains sur la problématique des villes africaines en tant qu'espace d'identité.

Nous avons enfin l'ambition de réaliser et de diffuser des études sur les cultures africaines en Afrique et en dehors de l'Afrique et vous avez peut être déjà eu en main l'une de nos modestes publications.

M. Le Président de la République,
nous sommes un cas rare en Afrique, quasiment unique dans le milieu des institutions culturelles. Nous générons par notre travail les ressources qui nous aident à accomplir nos missions, qui sont des missions de service universel. Nous ne recevons aucune subvention : nous demandons du travail, et à être payés pour ce qu'on nous commande !!!

Evidemment nous avons su convaincre quelques-uns pour avoir leur soutien.
C'est le lieu de remercier ici le Gouvernement du Général Mathieu Kérékou pour son soutien capital dans l'accueil de l'EPA au Bénin, soutien qui vient de se manifester encore tout récemment. C'est le lieu de remercier aussi la Coopération française, la coopération italienne pour leur contribution généreuse au Fonds EPA, notre fonds de soutien. C'est le lieu de remercier surtout une organisation internationale exemplaire comme l'ICCROM aux programmes de laquelle contribue énormément votre pays, pour son appui décisif dans la création et la consolidation de l'EPA.
Vous avez pu le remarquer sur la toile appliquée que nous a consacrée un artiste béninois en 1999 : une racine importante de l'EPA se trouve en Allemagne.

M. Le Président de la République, nous espérons que vous allez rejoindre le cercle prestigieux des parrains de notre école où sont déjà présents le Président Chirac et le Président Ciampi, de même que les Présidents Konaré, Abdou Diouf et Zinsou !

Madame Köhler, votre générosité et votre engagement aux côtés des plus déshérités, des personnes handicapées ont traversé le Rhin et l'Ouémé. Nous sommes heureux que vous soyez à côté de cet homme que nous recevons aujourd'hui.

Monsieur le Président de la République, Madame Köhler,
Mille mercis pour ce moment de partage avec nous. Nos prières vous accompagnent.

 

Porto-Novo, le 10 décembre 2004
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