La Lettre de l'EPA n° 34

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Bandeau La Lettre 34

 
 
 
 

L'Editorial de Samuel Kidiba

 
Samuel Kidiba

Mboté !

Chers amis et professionnels du patrimoine, chers amis du réseau EPA, je vous salue. Je suis très heureux de m’adresser à vous à partir de cette tribune. Le Conseil d’Administration de l’EPA vient de m’accorder sa confiance en me confiant les rênes de l’institution pour les quatre prochaines années. Je voudrais dire aux membres du Conseil d’Administration et à son Président, le Professeur Brice Sinsin que j’ai eu le bonheur de rencontrer en décembre dernier dans le cadre de la passation de service, qu’ensemble nous relèverons le défi et que je m’engage à ne pas les décevoir.

Je profite de cette occasion pour présenter aux uns et autres mes meilleurs vœux de santé, de paix profonde, de réussite et de grande prospérité pour 2015.Je voudrais remercier et féliciter mon ami et frère, Baba Kéita qui m’a passé le témoin dans une ambiance conviviale et fraternelle. Je lui souhaite plein succès et beaucoup de bonheur dans ses nouvelles fonctions au Mali.

Chers collègues de l’EPA, je vous souhaite le meilleur. Sachez que c’est avec vous et en votre nom, que je compte relever les défis actuels de notre institution commune, notre maison commune. C’est ensemble que nous allons la hisser plus haut pour en faire une institution plus forte, plus solide pour gagner le combat d’une meilleure conservation et promotion du patrimoine culturel africain. Nous aimerions appliquer la politique du Roi Guézo du Royaume d'Abomey, celle de la jarre qui sera tenue par tous. Ce sera pour le bonheur de nos populations, de l’Afrique entière et le nôtre aussi. Ceci passera par une amélioration des conditions de travail et une meilleure appropriation de la mission de l’EPA : une institution au service des États et peuples d’Afrique.

Chers partenaires, amis du patrimoine et membres du réseau EPA, je voudrais vous dire que l’EPA a encore besoin de vous, de tout votre accompagnement, institutionnel, financier ou technique. Je voudrais compter sur votre soutien renouvelé.Dans ce numéro, vous apprendrez à mieux me connaître, à apprécier ma vision pour l’EPA. Evidemment, on vous présentera aussi quelques activités et réalisations de l’EPA. En attendant de faire plus ample connaissance avec vous, je vous dis encore bonne et heureuse année 2015 à chacun et à tous.

Mboté ! 

Samuel Kidiba

 
 
  Portrait du nouveau directeur de l'EPA
 

L’homme qui préside aux destinées de l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA, depuis décembre 2014, est un conservateur du patrimoine culturel, muséologue de formation. De nationalité congolaise (République du Congo), M. Samuel KIDIBA est également enseignant chercheur et occupait précédemment le poste de Directeur Général du Patrimoine et des Archives au Ministère de la Culture et des Arts de son pays.Homme de rigueur, dynamique et très ponctuel, Samuel Kidiba est un professionnel engagé et motivé.

Pour lui,: “ ..... l’École du Patrimoine Africain est d’un grand intérêt, à plus d’un titre, pour la sous- région Afrique subsaharienne d’où je suis originaire. En effet, le partage des valeurs culturelles universelles, dans cette partie du continent, impose une stratégie qui donne la priorité à un développement par tous et pour tous avec une participation effective des populations tant rurales qu’urbaines qui en sont premières actrices.”

La formation professionnelle des jeunes cadres africains est son cheval de bataille. Son vœu est que tous les professionnels africains qui partent se former hors de l’Afrique reviennent servir leur pays et leur continent à la fin de leur formation et non s’exiler.Originaire du Département de la Bouenza (Sud-ouest de la République du Congo), il est très attaché à sa culture. Samuel Kidiba est né le 18 juillet 1961 à Kabadissou, République du Congo. Il est marié et père de plusieurs enfants. Pour M. Samuel Kidiba, le séjour (aussi prolongé qu’il soit) d’un tronc d’arbre dans le marigot, ne le transforme pas en caïman.

Très attaché aux valeurs africaines, Samuel vous offrira de l’eau dans une calebasse quand vous lui rendrez visite à la maison.

Nous lui souhaitons la bienvenue et surtout plein succès à la tête de l’EPA.

Mariam Chitou

 
 

Dossier

 

Vision du directeur de l'EPA

EPA : Monsieur Samuel Kidiba, vous êtes le nouveau directeur de l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA. Pouvez-vous décliner en quelques mots, votre vision pour l’EPA ?

SK : Ma vision est de mettre l’EPA au service d’un véritable développement africain, en redorant son aura dans le partage des offres culturelles, en mettant en place un véritable projet d’intégration régionale à visage culturel et une stratégie simple de levée de fonds, prioritairement dans la zone géographique où elle intervient.

EPA : Comment comptez-vous mettre en œuvre cette vision dans le court terme ?

SK : Je ne saurais mettre en pratique ma vision d’intégration régionale à visage culturel, sans d’abord la partager avec toute l’équipe de l’EPA. Ensuite, ensemble avec cette équipe, nous porterons le patrimoine culturel au cœur de plusieurs projets entre différents pays (deux ou trois selon les frontières et les cultures communes) : Education, habitat, tourisme, sport, jeunesse et loisirs, etc. Il sera question de valoriser toutes les pratiques patrimoniales susceptibles de booster un développement intégré et durable en Afrique. Enfin, nous adapterons les projets en cours. Cette vision sera aussi partagée avec les collègues qui animent les institutions patrimoniales des zones EPA.

EPA : Dans le moyen terme ?

Nous nous proposerons de cibler et de sensibiliser les décideurs politiques (parlements et gouvernements) des pays de la zone EPA, tout comme les autres partenaires traditionnels de l’institution. Il sera aussi question de faire un plaidoyer auprès des institutions financières et d’intégration comme l’UEMOA, la CEEAC, la CEMAC, la SADEC, l’UA, etc. qui parlent en effet des politiques d’intégration régionale. Les institutions internationales telles que l’UNESCO, le PNUD, l’UNICEF, etc. seront aussi mises à contribution, de même que certaines firmes mondialement connues. Au-delà du continent africain, nous discuterons avec la diaspora noire, les personnalités, les musées, les universités et d’autres institutions du Nord et Sud-américain qui s’intéressent au patrimoine africain.

EPA : Quel est votre mot de la fin pour conclure cet entretien sur votre vision de développement de l’EPA ?

SK : A tous les collègues de l’EPA, à tous nos partenaires, je dirai que le Directeur n’est que porteur d’une vision, mais sa matérialisation est l’affaire de tous. Telles des abeilles dans une ruche, tous au tour de l’EPA, ensemble, nous gagnerons.

Propos recueillis par Osséni Soubérou

 
 

Evènements

 

Articial facts

Photo de la formationEn partenariat avec le groupe d’Artistes Artefakte, Kunsthaus Dresden, le Département d’Histoire et d’Archéologie de l’Université d’Abomey-Calavi, l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA a accueilli les 06 et 07 octobre 2014 la deuxième activation du Projet « Faits artificiels ». Il s’agit d’un projet transnational de recherche et d’exposition-initiation porté par Artefakte et le Commissaire d’exposition Sophie Goltz en collaboration avec l’artiste Georges Adéagbo rattaché au Kunsthaus Dresden, la Fondation fédérale culturelle allemande Kulturstiftung des Bundes.

Cette rencontre a regroupé une quarantaine de participants dont des artistes contemporains, des historiens de l’art, des conservateurs de musées et professionnels du patrimoine, des étudiants et enseignants du département d’histoire, des juristes, et le grand public. Ils viennent d’Allemagne, du Bénin, du Nigéria, d’Afrique du Sud, d’Ouganda.

Les réflexions ont tourné autour des voies et moyens pour valoriser le patrimoine culturel et les objets manquants. Les participants ont échangé sur le statut et la place du patrimoine culturel africain présent dans les collections européennes. Les débats se sont surtout intéressés aux mutations possibles, au changement de significations et de représentations multiples des objets concernés et au statut des objets issus de l’histoire coloniale comme fondement de discipline scientifique. Plusieurs communications ont meublé ledit atelier dont une qui a mis l’accent sur les objets d’Abomey arrachés à leurs contextes par les Européens à l’époque coloniale et qui se trouvent dans des collections et musées occidentaux. Ce qui a suscité un vif débat sur la question de la restitution et du rapatriement de ces objets vers leurs milieux d’origine. Les participants ont non seulement travaillé à l’EPA, mais ils ont également fait des travaux pratiques au Musée Ethnographique Sènou Adandé et au Jardin des Plantes et de la Nature de Porto-Novo où une séance de projection de films liés au thème, a été organisée. Il importe de signaler que les journées de Porto-Novo font suite à celles organisées les 27 et 28 septembre en Afrique du Sud en partenariat avec le collectif d’artistes Burning Museum et la chercheure Memory Biwa. Le groupe Artefakte est composé, entre autres, de Brigitta Kuster, Regina Sarreiter et Dierk Schmidt.

Osséni Souberou


Projet Zoungbotché

Mise en terre de plantsLe projet Zoungbotché est un projet de repeuplement du Jardin des Plantes et de la Nature-JPN dont une partie de la végétation originelle a été perdue au fil des années. Le but final est de repeupler le jardin en y réintroduisant les espèces végétales qui ont disparu et répondre aux besoins des tradithérapeutes qui de plus en plus s’intéressent au jardin.

Avec le soutien de la Fondation EDF, le JPN a mis en oeuvre ce projet pendant trois ans.

Ainsi, après l’étape de la recherche sur les espèces végétales disparues du JPN, des campagnes de collecte ont été lancées aussi bien avec les tradithérapeutes qu’avec les partenaires de l’herbier national de l’université d’Abomey Calavi. A l’issue de ces campagnes, plus de 200 espèces ont été introduites. De même, les capacités du JPN ont été renforcées par l’acquisition d’équipements et de matériels d’entretien et de maintenance. Du personnel spécial pour l’entretien et le développement de la pépinière a été recruté notamment deux jardiniers. Un plan de conservation et de maintenance est mis en œuvre par l’équipe du jardin avec la collaboration de la Direction de l’Agriculture.

Au-delà de ces activités techniques, un plan de communication autour de cinq axes a été élaboré et mis en œuvre. En termes d’activités de communication et de sensibilisation, on peut retenir :

- La conception et l’édition de 3000 autocollants sur la protection des espèces végétales : un autocollant qui porte le message « Protège la nature, la nature te protège » avec la mention « Soutenu par la Fondation EDF » a été imprimé et distribué dans les écoles, collèges et lycées de Porto-Novo et lors des séances d’animation au JPN.

- La conception et l’édition de 3000 flyers avec un message intitulé « Supplique du JPN » dont la distribution est faite dans les écoles, collèges, lycées de Porto-Novo et les usagers du JPN.

- L'organisation de plusieurs rencontres avec les parties prenantes du projet à savoir les tradithérapeutes, l’herbier national.

- La publication de 100 DVD sur l’usage des plantes médicinales. Le premier volume du DVD a été favorablement reçu par les usagers. Le second volume est en cours de réalisation.

- Conception et édition de 500 guides sur l’utilisation des plantes médicinales. Le premier volume du guide réalisé a été favorablement reçu par les usagers. Le second volume est en cours de réalisation.

Pour atteindre les résultats attendus dans le cadre du projet, un suivi rigoureux du travail de terrain et une bonne écoute de ces acteurs formés est nécessaire et l’EPA est disposée à mettre ses compétences au service du projet.

Franck Komlan Ogou

 
 

 Nouveaux chantiers

 

Construction du Musée Mâ Loango en République du Congo

Face à l’état de délabrement avancé du musée de Diosso (Congo Brazzaville), dont les collections sont dans un état de conservation alarmant, les communautés locales ont sollicité la société Total E&P Congo pour la construction d’un nouveau musée à Diosso.

Situé à 25 km au nord de Pointe-Noire sur la route du Bas-Kouilou, le Musée régional Mâ Loango constitue, à l’heure actuelle, avec ses dix précieuses collections, la base la plus importante pour l’étude historique et scientifique du passé plus ou moins proche du Congo. Érigé à 1 km de la voix principale de Loango, au centre d’un terrain verdoyant planté de palmiers et de cocotiers, c’est cet ancien palais royal qu’habitait Mâ Loango Moe Poaty III, roi du royaume de Loango qui régna de 1931 jusqu’au 3 mai 1975.

C’est pour préserver ce riche patrimoine que le Ministère des Hydrocarbures, le Ministère de Culture et des Arts du Congo et La Société Total E&P Congo ont signé le 04 novembre 2014 un protocole d’accord relatif à la construction dudit musée.

Cette coopération portera principalement sur :

-  La construction du musée de Diosso

- La conservation, la préservation et la valorisation des collections témoignant de l’histoire et de l’héritage culturel du royaume de Loango,

- La rédaction d’un programme scientifique et culturel du musée,

- Le renforcement des capacités de gestion dudit musée,

- La collecte la recherche, l’inventaire et la documentation des biens culturels.

L’Ecole du Patrimoine Africain-EPA participera à ce projet en en qualité d’institution de formation pour assurer le renforcement des capacités du personnel dudit musée.

L’EPA remercie chaleureusement le Ministère des Hydrocarbures, le Ministère de Culture et des Arts du Congo et la Société Total E&P Congo pour la confiance placée en elle.

Mariam Chitou et Osséni Soubérou

 
 

 Nouvelles des anciens de l'EPA

 
Ziva Domingos, Directeur National des Musées, Angola

Ziva Domingos

EPA : Merci de vous présenter à nous, s’il vous plaît.

 ZD : Avant toutes choses, j’aimerais remercier l’EPA pour cette opportunité.

 Je suis M. Ziva Domingos, de nationalité angolaise. Je suis docteur en Anthropologie,          Ethnologie et Préhistoire de l’Université de Paris 1- Panthéon Sorbonne depuis mai 2014. Je suis détenteur d’un diplôme de Master en conservation préventive du patrimoine de l’Université de Paris 1 – Panthéon –Sorbonne et d’une licence en médiation culturelle organisée conjointement par l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA, le Centre national d’enseignement à distance (Cned-France) et l’Université d’Aix-Marseille 1 (France). J’exerce depuis mars 2014 les fonctions de directeur national des musées d’Angola après avoir dirigé de 2011 à 2013 l’Institut national du patrimoine culturel et suis membre votant du comité international de conservation de l’ICOM depuis 2001.

Dans le domaine de la recherche, je suis enseignant à la Faculté des sciences sociales de l’Université Agostinho Neto d’Angola, à l’EPA bien sûr et chercheur associé de l’Equipe d’Ethnologie préhistorique (groupe Afrique) de l’Université de Paris 1 et du Centre Geociências de l’Université de Coimbra de Portugal.

EPA : A quand remonte votre première participation aux activités de l’EPA ?

ZD : Ma première participation aux activités de l’EPA remonte à 1999 en tant que participant au 10ème cours universitaire PREMA en conservation préventive dans les musées d’Afrique subsaharienne. Je fais donc partie de la dernière promotion PREMA, bien que l’EPA ait déjà été créée statutairement en 1998.

EPA : Quel parcours avez-vous fait avec l’institution ?

ZD : Il serait difficile de le décrire entièrement. De 1999 à ce jour, cela fait pratiquement 16 ans de parcours avec l’EPA. Mais je vais juste souligner ici quelques moments marquants. Tout d’abord mon intégration en 2000, juste après le cours universitaire, au sein du réseau de formateurs et d’experts africains du patrimoine. A ce titre, j’ai eu le privilège de préparer avec M. Fidèle Moungouba le cours sur la gestion de la documentation et des inventaires dans les musées nationaux du Bénin. J’ai été ensuite associé à l’équipe d’enseignants et par la suite d’être sélectionné comme consultant de l’EPA pour le suivi sur le terrain du chantier d’inventaire dans les musées du Bénin.Dès mon retour au pays en septembre 2000, les portes pour la carrière internationale se sont ouvertes à moi. J’ai commencé à travailler comme consultant pour la communication et la culture au Bureau de l’UNESCO en Angola sur invitation de M. Lupwishi Mbuyamba (Représentant du Bureau à cette époque) que j’ai rencontré lors d’une des activités à l’EPA en 1999. En 2001, j’ai eu le privilège, en tant que consultant de l’UENESCO Windhoek, d’organiser avec l’EPA le cours sur la gestion de la documentation et des inventaires dans les musées d’Angola. C’était donc la première activité de l’EPA dans la zone lusophone d’Afrique. C’est à cause, entre autres, des résultats produits sur le terrain que nous (feu Xavier Yambo –ancien directeur du patrimoine, M. Manzambi Vuvu Fernando – ancien membre du conseil d’administration de l’EPA et du conseil de l’ICCROM et d’autres collègues) avons réussi à convaincre le Gouvernement angolais à apporter sa contribution au fonds EPA. Grâce à mes activités avec l’EPA, j’ai eu le privilège d’intégrer en 2008, l’équipe internationale de l’ICCROM ayant mis en place la méthodologie sur la réorganisation des réserves des musées – un outil efficace qui aide beaucoup de professionnels de musées à améliorer la qualité de la conservation de leurs collections. Finalement, tout récemment, en juillet 2014, j’ai  coordonné au nom de l’EPA et du Fonds pour le patrimoine mondial africain (AWHF), l’atelier sur la prévention des risques pour les sites du patrimoine mondial des pays lusophones d’Afrique qui s’est tenu à l’Île de Mozambique.

EPA : Que représente l’EPA pour vous?

ZD : Je manque de mots pour qualifier ce que l’EPA représente pour moi parce que c’est grand et profond. Toutefois, sans ignorer le travail que toutes les institutions du patrimoine ayant existé avant l’EPA, ont réalisé et continuent de réaliser d’ailleurs avec dévouement, pour moi l’EPA représente « le centre de la famille du patrimoine africain » où j’ai appris à marquer mes premiers pas dans le monde du patrimoine.

EPA : Vous venez d’intégrer le Conseil d’Administration de l’EPA. Quel regard jetez-vous sur la place et le rôle de cette institution en Afrique aujourd’hui?

ZD : Comme je venais de le souligner précédemment, l’EPA représente l’un des piliers de la gestion du patrimoine en Afrique. A ce titre, elle a de lourdes responsabilités, non seulement de continuer à former les professionnels du patrimoine africain mais également d’élever davantage son niveau d’expertise pour accompagner les institutions africaines à relever de nombreux défis de conservation et de mise en valeur du patrimoine auxquels elles font face. Depuis son existence, l’EPA a certes apporté beaucoup de changements dans la carrière des professionnels du patrimoine africain et dans la gestion de leurs institutions. Le véritable défi pour l’EPA n’est pas de se contenter de ses réussites mais plutôt de maintenir et d’amplifier ces acquis pour contribuer efficacement à la transmission de la richesse du patrimoine africain aux futures générations. Atteindre un tel idéal demande non seulement le dévouement des acteurs directement impliqués – les professionnels du patrimoine, mais surtout des ressources matérielles et financières.

EPA : Qu’avez-vous à dire pour clore cet entretien ?

ZD : J’aimerais clore cet entretien en lançant un appel à l’Union africaine et à tous les États africains afin qu’ils apportent tout le soutien nécessaire à l’EPA en contribuant financièrement à son fonds afin d’assurer le fonctionnement durable de cette institution qui participe au développement du continent africain à travers la conservation et la mise en valeur de son patrimoine. Je pense que l’actuel conseil d’administration dont je suis membre et la direction de l’EPA continueront à travailler dans cette direction pour mobiliser davantage de fidèles et potentiels partenaires. C’est d’ailleurs dans ce sens que nous travaillons avec le Gouvernement angolais à travers son ministère de la Culture pour qu’il apporte une fois de plus sa contribution financière spéciale à l’EPA. Encore une fois, j’aimerais remercier l’EPA pour m’avoir permis de m’exprimer sur nos défis communs – la gestion du patrimoine africain. Je ne saurais vraiment terminer cet entretien sans remercier spécialement les deux anciens directeurs de l’EPA (M. Alain Godonou et M. Baba Keita) qui m’ont formé et avec qui j’ai développé, par la suite, de très bonnes relations professionnelles et amicales.

Propos recueillis par Osséni Soubérou

 
 

Paroles de sagesse

 
Si tu regardes ton enfant, tu verras ses questions avant de les entendre. Proverbe Sérère (Sénégal)
 
  
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Edition : Mariam Chitou, Osséni Soubérou, Anne Avaro.
Conception : avec la participation de Aude-Maïmouna Guyot-Mbodji.
© Ecole du Patrimoine Africain 2015 - ISSN 1840-5630
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